L’enquête de Durham progresse

Article original datant du 31/03/21

CNN tente de minimiser l’enquête du conseiller spécial.

Hier, Katelyn Polantz et Evan Perez ont rapporté que les enquêteurs du bureau du conseiller spécial John Durham ont utilisé des assignations de grand jury (outil juridique institutionnel aux Etas-Unis, NdT) « pour réunir des documents au cours des derniers mois » et « organisent maintenant des audiences avec des témoins ».

Bien sûr, si vous avez suivi, ce n’est pas nouveau. Il y a des annonces depuis des mois de l’utilisation par Durham des « grands jurys » , et Durham ne « commence pas seulement maintenant à organiser des audiences avec des témoins ». Comme l’a déclaré l’ancien procureur général des Etats-Unis, Durham, dans une réponse à un communiqué de presse du 9 décembre 2019 contestant les avis de l’inspecteur général Horowitz sur les affirmations de l’enquête ‘Crossfire Hurricane’, il avait déjà réuni « des informations provenant d’autres personnes et entités, à la fois aux États-Unis et à l’étranger » :

Lundi 9 décembre 2019

Déclaration du procureur général des États-Unis John H. Durham

« J’ai le plus grand respect pour la mission du Bureau de l’Inspecteur Général et pour le travail exhaustif qui a été réalisé dans le rapport préparé par M. Horowitz et son équipe. Cependant, notre enquête ne se limite pas à la collecte d’informations au sein des composantes du Ministère de la Justice. Notre enquête a inclus le développement d’informations provenant d’autres personnes et entités, tant aux États-Unis qu’à l’extérieur des États-Unis. Sur la base des preuves recueillies à ce jour, et bien que notre enquête soit en cours, nous avons informé le mois dernier l’Inspecteur Général que nous n’étions pas d’accord avec certaines des conclusions du rapport en ce qui concerne la prédication et la façon dont le dossier du FBI a été ouvert ».

Des interviews et des reportages ultérieurs ont fourni d’autres informations sur les activités de Durham. En juin 2020, Barr a déclaré à Maria Bartiromo que la pandémie de COVID avait retardé les audiences avec les témoins et a suggéré, sans l’affirmer, que la suspension des grands jurys à DC avait ralenti les progrès de Durham.

En septembre 2020, Adam Goldman (et d’autres) du New York Times a publié une histoire selon laquelle Durham (juste avant sa nomination en tant que conseiller spécial) examinait la façon dont les responsables de l’application de la loi fédérale ont géré l’enquête sur les allégations « de corruption politique à la Fondation Clinton ».

Selon des personnes connaissant bien le dossier, M. Durham, le procureur des États-Unis dans le Connecticut chargé par M. Barr d’examiner l’enquête sur la collusion avec la Russie, a demandé des documents et des auditions sur la manière dont les responsables de l’application des lois fédérales ont traité une enquête menée à peu près à la même époque sur des allégations de corruption politique à la Fondation Clinton.

Les membres de l’équipe de M. Durham ont laissé entendre à d’autres personnes qu’ils comparaient les deux enquêtes et qu’ils examinaient si les enquêteurs de l’enquête sur la collusion avec la Russie avaient enfreint des lois ou des règles. Il n’a pas été précisé si les enquêteurs de M. Durham recherchaient également des violations de la loi dans l’enquête sur la Fondation Clinton, ni si la comparaison serait incluse ou jouerait un rôle majeur dans le résultat de l’enquête de M. Durham.

Ce reportage fait sourciller quand on regarde le mémo sur le champ d’application du conseiller spécial Durham, qui l’autorise à enquêter sur « les activités d’application de la loi dirigées vers les campagnes présidentielles de 2016. » Campagnes au pluriel.

@Techno_Fog
Regardez de plus près la portée de l’enquête de Durham :

Il est autorisé à enquêter sur toute violation criminelle concernant : « les activités de renseignement, de contre-espionnage ou d’application de la loi visant les campagnes présidentielles de 2016. »

Les campagnes présidentielles de 2016.

Campagnes.

[…] règlement du Conseil. En conséquence, en vertu de l’autorité conférée au procureur général, y compris 28 U.S.C. §§ 509, 510, et 515, afin de m’acquitter de ma responsabilité d’assurer la supervision et la gestion du ministère de la Justice, et d’assurer une enquête complète et approfondie de ces questions. Par la présente, j’ordonne ce qui suit :

(a) John Durham, procureur des États-Unis pour le district du Connecticut, est nommé conseiller spécial du ministère de la Justice.

(b) Le conseiller spécial est autorisé à enquêter pour déterminer si un fonctionnaire ou un employé fédéral, ou toute autre personne ou entité, a violé la loi dans le cadre du renseignement.

Le contre-espionnage ou les activités d’application de la loi visant les campagnes présidentielles de 2016, les personnes associées à ces campagnes, et les personnes associées à l’administration du président Donald J. Trump, y compris, mais sans s’y limiter, l’opération ‘Crossfire Hurricane’ et l’enquête de l’avocat spécial Robert S. Kennedy et l’enquête du conseiller spécial Robert S. Mueller, III.

Plus tard l’automne dernier, le 7 octobre 2020, Dexter Filkins du New Yorker a rapporté que Durham avait convoqué pour témoigner devant un grand jury « des scientifiques et d’autres personnes » cités dans son article sur les origines et l’enquête sur les communications entre la Trump Organization et Alfa Bank (Russie).

Fait remarquable, les efforts juridiques de l’Alfa Bank se déroulent en parallèle avec le Ministère de la Justice et ses alliés de la presse conservatrice, qui ont mené une campagne acharnée contre les services de renseignement américains et le F.B.I. pour ce qu’ils décrivent comme un effort pernicieux visant à concocter une fausse histoire sur les efforts de la Russie pour aider Trump en 2016. Ces dernières semaines, les scientifiques et d’autres personnes citées dans mon article ont été convoqués pour témoigner devant un grand jury constitué par John Durham, le procureur américain nommé par le procureur général William Barr pour enquêter sur les comportements criminels potentiels dans le cadre de « l’enquête russe ». Nous ne savons pas si les avocats du Ministère de la Justice et de la ‘Alfa Bank’ travaillent ensemble, mais ils partagent un intérêt pour la poursuite des personnes qui ont enquêté sur les liens de Trump avec la Russie. « Il y a une ‘unité d’action’ « , m’a dit un avocat impliqué dans le litige.

Filkins a rapporté que Durham avait même « demandé » à Daniel Jones, ancien collaborateur de Feinstein, qui a des liens profonds avec Fusion GPS, de témoigner. (« Demandé » est une formulation curieuse – on ne sait pas s’il y a eu une assignation à comparaître.) Il a ajouté que certains agents fédéraux travaillant pour Durham ont dit aux témoins qu’ils « exploraient une charge criminelle potentielle … pour avoir transmis de fausses informations au gouvernement ».

L’affaire de l’Alfa Bank est également devenue un objet d’intérêt pour les agents fédéraux travaillant pour John Durham, le procureur nommé par Barr. Les agents de Durham ont convoqué certains des mêmes informaticiens pour qu’ils témoignent devant un grand jury, et ils demandent les mêmes documents que ceux que recherche Alfa Bank. (Ils ont demandé à Jones, l’enquêteur, de témoigner également). Certains agents ont dit aux scientifiques qu’ils étudiaient la possibilité d’une accusation criminelle – vraisemblablement contre Max et Tea Leaves – pour avoir transmis de fausses informations au gouvernement. Un certain nombre de personnes appelées à témoigner cherchent à faire annuler les citations à comparaître, et il ne semble pas que quelqu’un ait témoigné pour l’instant.

Quand le langage est trompeur

Je fournis le contexte non seulement pour résumer ce que nous savons de l’enquête de Durham jusqu’à présent et pour souligner les lacunes de CNN, mais aussi pour noter comment les journalistes de CNN, Polantz et Perez, ont formulé leur « reportage » de manière à diminuer l’importance de la nomination et les progrès de Durham :

Selon des sources informées de l’affaire, ‘enquête de M. Durham se concentre, du moins en partie, sur les actions du FBI dans son traitement d’un dossier de renseignement privé et sur les révélations du Bureau à la cour fédérale de surveillance du renseignement.

Par exemple, ils déclarent que l’enquête de Durham est en partie axée sur les « divulgations du FBI à la cour fédérale de surveillance des renseignements ».

« Cour fédérale de surveillance des renseignements » ? Le tribunal s’appelle lui-même le Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC).

Durham enquête sur les « divulgations » du FBI au FISC ? C’est un mot étrange pour un mandat secret et assermenté et trois renouvellements ultérieurs qui exigent la plus grande honnêteté de la part du DOJ (Département de la Justice) et du FBI. C’est ce qui arrive lorsqu’on donne aux journalistes nt des mots précis – comme mandats et renouvellements – et qu’ils doivent trouver quelque chose de moins nuisible au « programme » qu’ils promeuvent.

C’est un problème récurrent chez CNN – l’utilisation d’un langage vague pour minimiser la vérité. Aujourd’hui, le chien des Bidens a mordu un employé du Service des parcs nationaux. Titre de CNN : « Major, le chien de Biden, est impliqué dans un autre incident de morsure ». C’est intentionnellement que la vérité n’est pas explicite.

Les chiens n’ont pas d' »incidents de morsure ». Et quel niveau d' »implication » dans une morsure un chien peut-il avoir ?

Et pourquoi utiliser le passif ou le vague alors qu’un simple « Le chien de Biden mord l’employé du service des parcs » est parfait ? Je pense que vous connaissez la réponse…

Bref, revenons à l’article de Durham. Selon Polantz et Perez, Durham « fait son bonhomme de chemin« .

Son enquête a débuté au printemps 2019, lorsque le ministre de la Justice de l’époque, William Barr, a donné l’ordre, publiquement vague, d’examiner les renseignements recueillis. Aujourd’hui, alors que Durham fait son bonhomme de chemin, son travail est toujours surveillé par l’ex-président qui exprime sa colère et ses partisans. Il est maintenant en mesure de remettre, au moins, un rapport au procureur général Merrick Garland, qui pourrait finalement être rendu public.

C’est une expression généralement réservée aux personnes qui ne font pas grand-chose. Il devient un terme de dérision quand les journalistes l’utilisent pour décrire le conseiller spécial. Et c’est inexact quand -1) vous admettez que vous ne savez rien des progrès de Durham et -2) vous citez des sources qui font référence à des progrès comme les citations à comparaître devant le grand jury et les entretiens.

John Durham Developments
CNN tries to downplay the Special Counsel's Investigation

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