SpyGate – ObamaGate – FISAGate, ou le plus gros scandale politique de l’histoire américaine

Dans cet article, nous allons tenter de vous donner une bonne compréhension d’un scandale politique majeur qui se déroule actuellement aux US. Ce scandale est connu sous différents noms, notamment SpyGate, ObamaGate, FISAGate. Quel sont les tenants et aboutissants de cette affaire? Quels sont les acteurs qui sont impliqués? Et pourquoi devrions nous nous intéresser à ce scandale politique en particulier? Voici les questions auxquelles nous allons tenter de répondre ici.

Le contexte

En 2016, au cours de la campagne présidentielle américaine qui opposait alors la candidate démocrate Hillary Clinton au candidat républicain Donald Trump, plusieurs scandales politiques ont été révélés par chaque camp, dans le but politique non dissimulé de faire du tort au camp adverse. On peut notamment citer le serveur d’emails secret d’Hillary Clinton, qui continue à ce jour à faire couler beaucoup d’encre.

Nous avons souvent parlé de cette affaire chez les DéQodeurs, notamment par le biais de cet article:

EXCLUSIF : Le directeur du renseignement national John Ratcliffe a déclassifié mardi les documents qui ont révélé que l’ancien directeur de la CIA John Brennan avait informé l’ancien président Obama du prétendu « plan » d’Hillary Clinton visant à lier le candidat Donald Trump à la Russie, comme « un moyen de distraire le public de son utilisation d’un serveur de messagerie privé » à l’approche des élections présidentielles de 2016, a appris Fox News.

Suite à ces rumeurs de collusion entre le camp Trump et la Russie, un procureur spécial (special council), Robert Mueller, a été appointé par l’administration Obama pour enquêter sur cette affaire.

Quel est le problème?

Le problème est que nous savons aujourd’hui que cette histoire de collusion avec la Russie était complètement mensongère. Le rapport Mueller en arrive aux conclusions suivantes: Aucune charge d’obstruction de la justice ou de collusion avec la Russie n’a été retenue, comme confirmé dans cet article par le très anti-Trump Washington Post:

Il est aujourd’hui allégué que le parti Démocrate savait que ces rumeurs de collusion étaient infondées et que l’administration Obama a néanmoins déchainé l’ensemble de l’appareil d’état (FBI, CIA, etc.) contre le candidat Trump, puis contre l’administration Trump mise en place à la Maison Blanche. Un autre conseiller special, le très discret John Durham, a été appointé dans les dernières semaines de l’administration Trump pour enquêter, entre autres, sur ces différents aspects. Une première inculpation a été faite en aout 2020 contre Kevin Clinesmith, un avocat du FBI. Une seconde inculpation a été faite en septembre 2021 concernant un avocat de la firme Perkins Coie, Michael Sussmann.

John Durham topic on Flipboard
John Durham

Deux arrestations de gens complètement inconnus du grand public. Pourquoi toute cette attention?

Nous parlons probablement ici du plus gros scandale politique de l’histoire des US :

Kevin Clinesmith

Le premier acte d’inculpation état Kevin Clinesmith, ancien avocat au FBI, qui avait consciemment falsifié un email et qui l’a envoyé a un juge fédéral qui révisait le dossier pour l’obtention d’un mandat FISA pour investiguer Trump. Le mandat FISA est une procédure très invasive qui est – théoriquement – attribuée par un juge que suite à processus extrêmement rigoureux. Un mandat FISA permet d’avoir accès à TOUTES les communications électroniques de la personne visée par le mandat, ainsi qu’à celles de tout son entourage (SMS, emails, communications téléphoniques, etc.). Kevin Clinesmith a plaidé coupable aux accusations de falsifications dont il a fait l’objet, et c’est maintenant un criminel fédéral condamné.

Michael Sussmann

Le second acte d’accusation concerne Michael Sussmann. Michael Sussmann est un des avocats pricipaux de la prestigieuse firme Perkins Coie. Selon Wikipedia:

Perkins Coie est un cabinet d’avocats international dont le siège est à Seattle, dans l’État de Washington, et qui a été fondé en 1912. Reconnu comme un cabinet Am Law 50[2], il est le plus grand cabinet d’avocats ayant son siège dans le nord-ouest du Pacifique et possède 20 bureaux à travers les États-Unis ainsi qu’en Chine et à Taiwan.[…]

Perkins Coie a été engagé en 2015 en tant que conseil de la campagne présidentielle d’Hillary Clinton. Dans le cadre de sa représentation de la campagne Clinton et du Comité national démocrate, Elias [NDLR: Mark Elias, président de Perkins Coie] a retenu la société de renseignement Fusion GPS pour des services de recherche sur l’opposition. […] Un produit notable de cette « recherche sur l’opposition » était le dossier Steele décrivant les tentatives présumées de la Russie de promouvoir la campagne présidentielle de Donald Trump. Pendant la campagne, la campagne Clinton et le DNC ont payé Perkins Coie 5,6 millions de dollars et 3,6 millions de dollars respectivement.

Il est reproché à Sussmann d’avoir menti au FBI sur l’identité de son client. En effet, il s’est rendu au FBI et a utilisé ses connections de très haut niveau pour convaincre la police fédérale d’enquêter sur la supposée collusion entre Trump et la Russie. Lorsqu’on lui a demandé s’il représentait un client dans cette démarche, Sussmann a omis de dire qu’il faisait ce travail pour le compte du parti Démocrate et de la campagne d’Hillary Clinton. C’est ce mensonge spécifique qui est au centre de l’inculpation de Sussmann.

On résume

La campagne Clinton et le parti Démocrate ont donné des millions de dollars à Perkins Coie. Une partie de cet argent a été employé par le prestigieux cabinet d’avocat pour engager la firme Fusion GPS. Cette firme a créé un rapport complètement frauduleux dont le but était de nuire politiquement au candidat Trump. Sussmann a utilisé son influence pour pousser ce dossier qu’il savait frauduleux auprès du FBI et des grands médias mainstream qui se sont déchainés sur cette histoire de collusion avec la Russie. Or nous apprenons aujourd’hui qu’il avait menti.

Un document d’accusation qui attire l’attention

Dans une interview menée par EpochTimes, Kash Patel, (un avocat américain et un ancien fonctionnaire du gouvernement qui a occupé le poste de chef de cabinet du secrétaire américain à la Défense par intérim sous la présidence de Donald Trump) attire notre attention sur certains aspects surprenants du document de mise en accusation de Sussmann (disponible via le lien ci-dessous):

Selon Kash Patel, une inculpation dans ce genre d’affaire tient en général dans un document qui fait entre deux à cinq pages maximum. John Durham a sorti une inculpation de 27 pages. Ce document mentionne également huit autres personnes (par leur position uniquement, pas par leur nom) qui seraient impliqués dans cette affaire. Durham reproche à Sussmann d’avoir menti sur l’identité de son client qui le payait pour collecter ces informations et les soumettre au FBI. Il n’a jamais révélé à Baker (FBI General Counsel, en gros le chef de tous les avocars du FBI), que son client était la campagne d’Hillary Clinton. Selon l’acte d’accusation, Sussmann va même jusqu’à dire qu’il n’est pas là au nom de qui que ce soit. Sussmann a prétendu que Trump, son bâtiment et son entreprise étaient alliés avec une banque russe (Alpha Bank) et un serveur Internet russe pour conspirer avec le gouvernement russe ou des personnes en Russie pour voler l’élection, ce qui constitue en soi une accusation très grave.

Patel continue ainsi:

Clinesmith, était très proche du FISC (NDLR: Foreign Intelligence Surveillance Court, qui octroie les mandats FISA) et de la communauté du renseignement. Michael Sussmann, est le très proche du FBI et de la partie médiatique en ce qui concerne les serveurs d’Alfa Bank. Donc je pense qu’il y a une plus grande conspiration en jeu ici.

Plus tard dans l’interview on peut entendre:

Journaliste : Presque tout est résolu par des négociations de plaidoyer de nos jours. Cela a ses propres problèmes dont nous n’allons pas discuter aujourd’hui. Cela me fait penser qu’un procureur américain chevronné, reconduit dans ses fonctions, comme Durham, a un plan plus large avec cet acte d’accusation. Il espère amener certaines personnes à coopérer, à parler, et à exposer certaines choses qui n’ont pas été exposées auparavant pour construire ce dossier, et peut-être construire le dossier d’une conspiration plus large. Alors comment pensez-vous qu’il pourrait utiliser cet acte d’accusation ?

M. Patel : Pour moi, l’acte d’accusation de 27 pages est le plus grand signal de ce qui va suivre. Parce que lorsque vous émettez un acte d’accusation pour avoir menti au FBI, comme ils l’ont fait avec Sussmann, cela fait deux à cinq pages maximum. Il est rare qu’il fasse 27 pages. Alors pourquoi mettre toutes ces informations à disposition ? C’est exactement pour cette raison.

Pour aller plus loin

Chronologie des évènements

Vous trouverez ici une chronologie détaillée des différents évènements relatifs à ce scandale politique.

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Ci-dessous, la même information en format .pdf, dans une forme plus facilement lisible

Les acteurs du scandale

Cette infographie présente les differents acteurs qui ont parti prenante dans ce scandale politique.

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L’enquête Durham

L’infographie suivante présente une chronologie détaillée de l’enquête menée par le procureur spécial John Durham

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